IN MEMORIAM MARIANA ŞORA
19 décembre 2011 § Un commentaire
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IN MEMORIAM MARIANA ŞORA
| Budapesta, 26 mai 1917 – München, 19 decembrie 2011 |
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Ego scriptor
Mariana Şora, la ieşirea din timp
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Mon cœur mis à nu. Sub această expresie ar putea sta întreaga operă a Marianei Şora: nu inima dezvăluită (aşa cum a fost trădat Baudelaire în limba română), ci sufletul în palmă. Căci există, în această operă, o generozitate funciară, pe care literele noastre (împovărate de vidul atâtor orgolioase credinţe în sine) nu o practică spontan şi destins, ori au îngropat-o de mult sub tribulaţii conjuncturale.
Mircea Ivănescu – in memoriam
22 juillet 2011 § 2 Commentaires
■ Mihai Eminescu sur l’abécédaire de Vasile Petri (1878) ■
15 juin 2011 § Poster un commentaire
Rappel de ce que furent, dans les années troubles de la Roumanie pré-moderne, les interventions dans la presse de Mihai Eminescu (1850-1889). Cette fois, sur l’abécédaire de Vasile Petri, dont Eminescu n’hésite pas à faire l’éloge et à souligner sa concordance avec les exigences de l’«écritologie» (apprentissage de la lecture par l’écriture). L’article est à considérer avec les précautions d’usage (pour éviter tout anachronisme et jugement de valeur a posteriori). Eminescu insiste sur la pratique pédagogique, fait la distinction entre les différentes orthographes en vigueur à l’époque et souligne les problèmes liés à la prononciation. Il plaide résolument pour l’unité orthographique de la langue roumaine et pour la séparation, ferme et sans ambigüités, de la science philologique, en tant que discipline abstraite, soumise à des lois générales, d’avec l’écriture proprement dite, laquelle «doit être facilement accessible au peuple entier».
Luiza Palanciuc
[en roumain]
MIHAI EMINESCU
NOU A-B-C-DAR ROMÂNESC DE VASILE PETRI
Sîbiiu, 1878, Tipografia lui Ios Drotleff & Comp., 1 vol. 8° — Preţul 25 cr. v. a.
Abcdarul d-lui Petri e compus amăsurat cu cererile pedagogiei moderne. Urmând principiile scriptologiei, adică a învăţării citirii prin scriere, el cuprinde o parte (întâia) numai cu litere de scrisoare. Învăţând de timpuriu a scrie, şi anume deodată cu cititul, şcolarii sunt de-a pururea activi şi, pe când învăţătorul (mai ales cel sătesc) se ocupă cu cei mai înaintaţi, cei începători se pot pune la scris. Alt folos al învăţării cititului scriind e că se face de prisos silabizarea şi se întroduce de sine insonarea.
■ Mihai Şora despre Mircea Vulcănescu ■
12 mai 2011 § 2 Commentaires
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■ Mihai Şora sur la dimension sacrificielle de Mircea Vulcănescu (1904-1952)
Extrait du film «Mircea Vulcanescu – l’homme devant l’Histoire»
Série «Des mondes et des hommes»
Réalisation: Luiza Palanciuc
© 2011
[en roumain]
■ Extrait du sous-titrage :
Il est bien évident qu’il n’avait pas cette conscience sacrificielle au jour le jour; se dire: «moi, je suis capable de me sacrifier». Mais, dans les circonstances données, il s’agissait, en effet, de la seule – ou, en tous les cas, de ce qui lui paraissait alors comme étant la seule – solution possible, et accomplie uniquement dans l’idée de sauver l’Autre. Car sitôt qu’intervient, dans un tel acte, la conscience de l’autosacrifice, cet acte est, par là même, faussé dans son intimité. Et ce n’était point le cas. Il s’agissait, au contraire, de quelque chose allant de soi et qui eut des conséquences fatales – à savoir, pratiquement, son sacrifice pour sauver la vie d’un autre.
Pourquoi cela se voit-il investi par la dimension de la sainteté ?
Parce que cela ne fut absolument pas fait avec une quelconque intention d’auto-sanctification. Mais avec la plus pure – comment dire ? – attention à autrui: spontanée, naturelle.
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■ Stéphane Lupasco despre Fondane ■
8 mars 2011 § Poster un commentaire
Acum trei ani, în martie 1944, într-o cămăruţă aflată la capătul unui larg culoar al Prefecturii de Poliţie din Paris, cu mirosul ei greu şi caracteristic, sub ochii obosiţi ai unor tineri poliţişti aşezaţi pe băncile lor şi aşteptând, plictisiţi, să se întâmple ceva, mi-a fost dat să-l văd pe Fondane pentru ultima oară. Alături de sora lui, care fusese arestată în ajun împreună cu el – denunţaţi ca evrei autorităţilor franceze (ranchiună ori invidie din partea vreunui confrate?, căci duşmani nu se gândise niciodată că ar putea avea) –, l-am găsit consolând o tânără, pe care o dubă a poliţiei o culesese la ieşirea din liceu pentru a o trimite la Drancy, şi care plângea în hohote.
Îl văd şi acum, în picioare, atât de demn, de liniştit, în lumina mohorâtă a acelei după-amieze de sfârşit de iarnă, privindu-mă cu ochii lui de un albastru deschis, cu sclipiri ţâşnind din chipul brăzdat, cu acel indicibil surâs, deopotrivă tandru şi ironic, în faţa emoţiei mele, pe care de-abia mi-o puteam stăpâni.
■ L’homme qui ne chavirait point ■
8 mars 2011 § Poster un commentaire
Benjamin Fondane
Inspiration dans un temps où tout expire. Poème. Il le crie (car on ne saurait dire qu’il l’écrit) ; il donne aux idées un second souffle – encre et mine de plomb. Au revers de ce linceul – une force rentrée, des rythmes dont on n’a plus l’usage ou le loisir, mais qui rappellent que le poème ne tient sur aucun sol, que des trous peuvent à chaque instant se former, emporter avec eux les fondations, les pros-odies (ou les odes à la prose, pour parler comme Deguy), à l’instar des envolées mnémotechniques de telle grande épopée.
Il y a, chez Fondane, la mémoire même des effondrements : mince fil qui soutient cet homme au ras du gouffre. Comme dans la salle d’attente évoquée par Lupasco, où ce dernier va le retrouver, à la Préfecture française, le lendemain de l’arrestation. – Espace tranché et tranchant où se recroquevillent les ombres, vouées à la réclusion perpétuelle dans leur solitude et dans l’oubli de l’être.
Le condamné Fondane voyage à la verticale du monde, droit et sans détour, vers ces lieux où il n’y a jamais de repos : essoufflement de soi, ferveur, pulsation.
Et encore le poème : tel une exhalaison.
Le condamné Fondane ne chavire point.
- Image : Alberto Giacometti (1901-1966), Homme qui chavire, 1950, Bronze, 60 x 14 x 32,5 cm., Kunsthaus Zürich.
- Texte : Luiza Palanciuc
■ 7 mars 1944 ■ IN MEMORIAM ■
7 mars 2011 Commentaires fermés
Deuil –
ce deuil
comme un hameçon au fond du palais.
Halte : l’immense
(sa demeure et ses creux),
l’œil ouvert devant l’espace du gong
âpre
qui flotte.
Ensuite
le reste du monde.
- Image : Laurent Koller, The Black Fields, series n° 1, acrylic on canvas, 65 x 54 cm., 2008
Page de Laurent Koller sur Facebook
- Texte : Luiza Palanciuc












